26.8.08

Blog cherche repreneur

Comme je l'annonçais le 24 juin, j'ai l'intention de cesser de tenir ce blog.

D'une part, le combat de la liberté sociale risque de ne pas aboutir avant des années. A la limite, une faillite de l'Etat français à la façon argentine (qualificatif qui indique paradoxalement qu'il n'y a plus d'argent) est bien plus probable que la mise en concurrence effective de la SS soviétique, vu les mentalités actuelles, l'assistanat généralisé, et la totale incompréhension par ceux-là mêmes qui en sont les premières victimes de la tyrannie du système actuel, qui les dépouille à la fois du fruit de leur travail et de leur dignité. Les faits sont là, malgré les beuglements des collectivistes voleurs, en matière d'assurance-maladie la société civile et les entreprises sont plus efficaces et moins chères que la contrainte étatique, à service équivalent.

D'autre part, charité bien ordonnée commençant par soi-même, j'ai des occupations plus prenantes, et moins... gratuites que ce blog. "Quitter la Sécu" (plus exactement "faire jouer la concurrence en matière d'assurance-maladie") étant impossible pour un salarié, et encore difficile pour un indépendant, je vais diriger mes efforts vers la solution la plus abordable, l'expatriation dans des contrées plus hospitalières, loin de l'URSS annexe française. Et pour tout dire, j'ai déjà un pied dehors (et l'esprit dehors aussi).

Avis donc aux amateurs intéressés par le blogging polémique. Ce blog est, depuis les 4 années qu'il existe, un blog bien en vue, bien classé au classement Wikio des blogs politiques (il est en 64ème position en août 2008), avec un honnête pagerank Google de 4. Plus de 700 messages depuis le début. Plus de 5000 visiteurs uniques par mois.

Il peut être repris par une personne, ou un groupe de personnes. La manipulation sous Blogger est assez facile, nul besoin d'être un grand technicien en web 2.0. Vous pouvez même essayer de gagner de l'argent avec (en vous lançant dans Google AdSense).

Ce blog n'est certes pas une première main, mais il n'en est pour cette raison que meilleur. Et bien sûr je le cède gratuitement ! S'adresser à "laure_allibert" suivi de arobase, suivi de "hotmail.com". Seules les candidatures sérieuses, de personnes motivées par le sujet, si possible déjà engagées dans une démarche personnelle de désoviétisation pour quitter la secte de Sécutologie, seront examinées.

Les commentaires sont toujours désactivés, faute de temps pour les examiner ou y répondre. Etant donné qu'en 4 ans toutes les remarques et toutes les objections ont été passées en revue, les contradicteurs éventuels sont invités à utiliser la fonction de recherche en haut à gauche pour trouver réponse à leurs questions.

Bon courage à tous ! Je rappelle ici les bonnes adresses :

13.8.08

Ethique et Sécu soviétique

J'ai reçu hier l'email suivant :

> Date: Tue, 12 Aug 2008 07:13:10 +0000
> From: thomas_escolan@yahoo.fr
> Subject: commentaire sur ""
> To: laure_allibert@hotmail.com
>
> Bonjour,
>
> L'emprunt attribué à Pierre Le Coz et rapporté par Le Point et que vous reprenez est vigoureusement dénoncé par l'intéressé (http://novovision.free.fr/?Le-droit-de-repondre-de-Pierre-Le) ; ça serait bien d'étailler vos théories avec un petit peu de méthode...
>
> Sinon, je vous signale que le pouvoir de l'état n'est pas le seul point commun entre notre beau pays et les grandes dictatures... Il y a un tout petit machin, que l'on appelle "démocratie".
>
>
> Bonne journée (désolé ; pas moyen de poster mon commentaire sur votre site)
> J'en profite aussi pour faire un petit commentaire personnel : Il existe un moyen de sortir de la sécu... émigrez donc, pour voir comme c'est bien les US !
> Thomas Escolan ----------------
Ben justement, je suis en vacances aux US (ce qui explique que j'aie désactivé les commentaires), et je peux constater de visu les dégâts que cause l'absence d'assurance-maladie soviétique à la française. Les gens meurent dans les caniveaux parce que ces salauds de docteurs exigent d'être mieux payés que des femmes de ménage, des plombiers ou des coiffeurs (pas comme en France où ils sont gentiment chapeautés par la SS qui les fait marcher droit - ils ont vendu leur liberté pour un plat de lentilles, ils n'auront ni la liberté ni les lentilles).

Les US sont un pays très étatisé, voire policier (à la douane j'ai eu droit comme tout le monde à la photo et au relevé d'empreintes digitales) mais quand même moins que la France. On y vit sans doute un peu mieux, et au moins on n'est pas soumis au lavage de cerveau étatique des socialistes de droite ou de gauche (encore que..., d'un côté de l'Atlantique c'est la religion de la solidarité forcée, de l'autre c'est le militarisme et le patriotisme messianique - la perfection n'existe pas).

Quant à Pierre Le Coz, dont on peut lire le démenti, ses propos ne sont pas clairs, et sa charge contre "un ultra-libéralisme néo-darwinien" et "le retour à une « droite pure et dure »" relève des clichés de gauche les plus éculés (c'est Attac au comité d'éthique). Ce monsieur, sans craindre la contradiction, est contre "l’idéologie de la rentabilité" mais pour une sélection utilitariste qui découle clairement et très logiquement du collectivisme à la française (si ce n'est pas son point de vue, son démenti en tous cas ne m'a pas paru convaincant - qu'il dise alors quel système de santé il préconise au lieu de s'en tenir à des voeux pieux).

Il faut dissoudre le Comité d’éthique, qui n'est qu'un comité Théodule de plus au sein de la Ripoublique fromagère, destiné comme les autres à pomper les ressources du contribuable. En matière de philosophie politique, une seule éthique est recevable : l'éthique libertarienne (ne pas agresser quelqu'un dans sa propriété et sa liberté). Je suis pour la solidarité et l'égalité sociale, à condition qu'elles ne soient pas instaurées par le vol institutionnalisé et la prédation étatique, qui plaisent tant à la racaille politique cryptosoviétique qui nous gouverne, et à tous leurs thuriféraires, idiots inutiles.

30.7.08

Fin du monopole de la Sécurité sociale sur RMC

Il s'agit de l'émission de J-J Bourdin du 29 juillet 2008 (tranche de 9h), encore disponible dans les podcasts de RMC. "Claude" (bien connu de mes lecteurs) intervient, suivi d'un indépendant, Jean-Medhi.

Carmen Cru libertarienne

Trouvé chez le grand Charles. J'adore le personnage de Carmen Cru, cette randienne du 3ème âge...

29.7.08

Confédération Nationale et Européenne des Entrepreneurs


La CNEE a un nouveau site prometteur : cnee.eu.

Pour ceux qui en ont marre de se laisser plumer !

21.7.08

La sécurité sociale sombre dans l'utilitarisme collectiviste : la SS n'a jamais été aussi sinistre !


Ne dites pas à ma mère que je fais de l'éthique, elle me croit croque-mort à la Sécurité sociale !

Je relaie le coup de gueule de Claude Reichman, à propos des déclarations du vice-président du Comité consultatif national d'éthique dans l'article du Point publié le 03/07/2008 Très chers médicaments, que voici :

Entretien avec Pierre Le Coz

Agrégé de philosophie, docteur en sciences de la vie et de la santé et vice-président du Comité consultatif national d'éthique. Pour ce fin connaisseur de l'histoire de notre système de protection sociale, une parenthèse est en train de se fermer.

« Pendant longtemps, la France a considéré que la santé d'un individu n'avait pas de prix et que le médecin ne devait pas agir en comptable. Notre société était individualiste, c'est-à-dire qu'elle était au service de l'individu : ce dernier ne devait pas être sacrifié à l'intérêt collectif. On pouvait se payer le luxe d'opérer tout le monde, y compris quand ce n'était pas indispensable. Cette philosophie a prédominé jusque dans les années 80. Puis on a commencé à s'interroger sur les sommes englouties au nom de la santé de chacun. La position utilitariste, déjà en vigueur dans les pays anglo-saxons, a commencé à émerger chez nous, suscitant beaucoup de réticences de la part des médecins. Mais ils ont dû admettre que notre système allait "dans le mur", et qu'il fallait donner la priorité à l'intérêt de la collectivité.

L'individualisme a vécu. Nous assistons à la fin d'une période glorieuse de notre histoire. Avec le vieillissement de la population-que l'on n'a pas correctement anticipé-et la multiplication des pathologies associées à l'allongement de la vie, on s'inquiète des dépenses à venir. Nos ressources n'étant pas illimitées, il faut essayer de les répartir de façon plus rationnelle. Aujourd'hui, on est bien obligé d'admettre que, si la santé n'a pas de prix, elle a un coût. Et les médecins doivent désormais tenir compte du prix des médicaments dans leurs décisions. Notre vision va devenir "sacrificielle" : il vaut mieux correctement prendre en charge un père de famille de 40 ans, qui est rentable pour la société, qu'une personne de 80 ans qui n'a plus toute sa tête. C'est évidemment un constat tragique. Mais nous n'avons pas le choix. Reste à trouver le meilleur équilibre entre les intérêts de l'individu et l'intérêt collectif. »

Propos recueillis par Anne Jeanblanc
Une belle expression du collectivisme français dans sa crudité post-stalinienne ! Le médecin-fonctionnaire va donc être amené à décider, dans l'arbitraire le plus total, au nom de la fiction totalitaire qu'est "l'intérêt collectif", quel malade il va privilégier par rapport à tel autre. Remarquez qu'il n'y a rien là que de très logique. Comme dans le système de SS socialo-communiste actuel c'est la communauté qui paie, la même communauté, par le truchement du fonctionnaire, peut s'arroger le droit de désigner qui mérite de survivre et qui mérite de mourir.

Ce n'est plus le meilleur système que le monde nous envie, c'est plus simplement le "meilleur des mondes".

J'entends les ignorants me dire : "avec un système entièrement privé, on aurait le même problème". Eh bien non justement. Avec un système entièrement privé (et non "privé de service public" comme actuellement la sinistre SS), c'est le contrat qui fixe par avance la façon dont s'effectue la prise en charge. A l'assureur de se débrouiller pour fournir les fonds, augmenter les primes ou mobiliser ses ressources. Mais la SS n'est pas une assurance, ce n'est qu'un mécanisme d'extorsion de fonds collectiviste géré par une administration soviétique que seule la Corée du Nord nous envie.

20.7.08

Rediffusion : veni, vidi, Vichy

En feuilletant un gros ouvrage historique "Histoire secrète de la Ve République" (sous la direction de Roger Faligot et Jean Guisnel), on apprend que le n° de SS date d'avant la sinistre SS, donc d'avant 1945. C'est le gouvernement socialiste-national de Vichy qui, en 1940, invente cette façon de ramener les personnes à des numéros. C'est lui aussi qui invente la même année la carte nationale d'identité, bien commode pour repérer les Juifs et les déviants de toutes sortes. Et la police nationale (en 1941), arme politique par excellence. C'est encore lui qui inventera un mécanisme de spoliation encore pire à mon avis que l'assurance-maladie : la retraite par répartition (en 1941, le régime de Pétain confisque les provisions des assurances sociales vieillesse privées pour les donner aux "vieux travailleurs").

Remarquons que toutes ces inventions pétainistes existent toujours et font partie intégrante du paysage franchouillard. Nos institutions sont donc autant pétainistes que gaullistes ou bonapartistes.

Au socialisme pétainiste a succédé en 1945 le socialisme d'inspiration soviétique qui a poursuivi dans la voie tracée par le vainqueur de Verdun/vaincu de Montoire, précédant le socialisme social-démocrate mou de la Ve République.

Ce pays est donc, au final, au moins autant enfoncé dans le glacis soviétoïde que pouvait l'être un pays de l'Est avant la chute du mur de Berlin. Cela durera ce que cela durera ! Le réchauffement planétaire libéral pourrait bien faire fondre le glacis collectiviste. Cela valait bien une mauvaise contrepèterie, non ? (Pétain bullent).
_________________________

La vérité sur le numéro de Sécurité sociale (appelé techniquement le NIR, "Numéro d’Inscription au Répertoire", ou historiquement le "numéro Carmille") :

Pendant l'Occupation, sous le gouvernement de Vichy, la création d'un répertoire national des individus, obtenu par copie des registres d'état civil, remonte aux années 40, et a été réalisée par le service de la démographie sous la responsabilité de René Carmille. A l'origine le premier chiffre a la même signification que celui du n° de SS actuel (1 ou 2). Des instructions ultérieures ont modifié cette première composante : en Algérie, terre française, le statut des Juifs est étudié par le général Marie qui prescrit pour le premier chiffre le code suivant, associant le sexe à une donnée d'origine ethnique ou statutaire :

1 ou 2 pour les citoyens français

3 ou 4 pour les indigènes d'Algérie et de toutes les colonies, non Juifs

5 ou 6 pour les Juifs indigènes

7 ou 8 pour les étrangers

9 ou 0 pour les statuts mal définis

Ces dispositions sont approuvées par le service de la Démographie puis abolies en 1944. Aujourd'hui les avis des historiens semblent diverger sur l'utilisation de ces fiches par l'occupant.

15.7.08

Rediffusion : comment échapper au Dinosaurus Secusocialis ?

Je recense ici, par ordre d'efficacité croissante, les différentes façons d'exercer sa liberté sociale et l'attitude à adopter face aux esclavagistes sociaux :

- la méthode Coué des couards coincés sous la couette : "mais non, il est impossible que la Sécu fasse faillite", ou bien : "on verra ce qu'on fait le moment venu". Sérieux s'abstenir. C'est l'attitude de tous ceux qui ne se sont pas informés ou qui, dans leur ignorance, sont pour le système de prédation actuel, sans se poser de questions ni sur son iniquité, ni sur sa viabilité.

- la méthode attentiste : tous calculs faits, intéressé par la perspective d'augmenter son pouvoir d'achat, on attend en laissant les autres aller au feu. On se tient informé en guettant une improbable ouverture du système soviétique. C'est ce que font la majorité de ceux qui me lisent (et je peux les comprendre).

- la méthode du râleur, variante Laure : faute de parvenir à ses fins, harceler continuellement son employeur. En plus, faire du prosélytisme et se défouler sur un blog en traitant les esclavagistes... d'esclavagistes.

- la méthode du touriste imprudent : "j'arrête de payer et j'attends de voir ce que ça donne". Pas efficace du tout, sauf si vous êtes curieux d'apprendre ce qu'est un ATD (avis à tiers détenteur) ou quelle est la fonction exacte d'un huissier. Exemple à ne pas suivre...

- la méthode classique, celle des indépendants et professions libérales, longtemps préconisée par Claude Reichman : on quitte le système de façon officielle et structurée, en essayant en cas de problème de faire valoir ses droits en justice ("j'ai confiance dans l'injustice la justice de mon pays"). On ne prend pas de précaution particulière quant à son patrimoine, mais on affûte ses arguments juridiques, aidé d'un avocat acquis à la cause (il y en a plusieurs). Beaucoup d'exemples ont été cités sur mon blog, le plus emblématique est celui de Faraj Chemsi, qui a quitté la Sécu en août 2004. Résultats pas encore à la mesure des espoirs vue la frilosité des juges aux ordres (d'un futur cadavre ?).

- plus aventureuse mais souvent explorée avec succès, la méthode de l'exilé de l'intérieur (voire faux exilé fiscal), qui a ses revenus ou ses placements à l'extérieur du pays, via des montages ad hoc, et affiche des revenus officiels ridicules ou inexistants.

- ce qui nous conduit à la voie royale, la méthode du combattant aguerri, préconisée par certains juristes et mise en oeuvre par les plus déterminés, qui ont tiré les leçons des combats du passé (depuis Nicoud jusqu'au CDCA) : organiser son insolvabilité, ce qui permet d'envisager sereinement toute offensive des esclavagistes. Pour se rendre insolvable, il suffit de n'avoir aucun bien immobilier à son nom, ou d'en avoir sous couvert d'une SCI (comme le fait ce cher Flanby avec sa Sapinière), et de ne rien laisser sur ses comptes bancaires en France (on verse ses revenus à l'étranger, pas forcément en Suisse, encore moins au Liechtenstein, mais n'importe quel pays de l'UE peut convenir, après tout, c'est ça le grand marché européen, et les virements bancaires par Internet, c'est facile). Le compte sera déclaré si on veut être en règle avec l'autre vampire national bien connu qui vous savez, ce qui est préférable tant qu'on est résident français. Et pour les objecteurs tatillons : il existe bien un délit d’insolvabilité frauduleuse, mais sauf erreur de ma part, à la lecture du code pénal, ça ne s'applique pas ici.

- la méthode de l'assisté social volontaire, méthode du parasite, celle du fameux Thierry F. qui a eu son quart d'heure de célébrité. On ne cotise pas, on ne travaille pas, mais on a droit à la CMU, au RMI, à l'ASS, etc. C'est mieux que d'être au SMIC et moins fatigant. Après tout, pourquoi ne pas profiter au maximum de l'Etat providence avant qu'il fasse faillite ? On ne quitte pas la Sécu, peut-être est-ce elle qui devrait nous quitter ! On développe à l'extrême la logique du parasitisme qui est celle de la solidarité obligatoire à la mode française. Et si par extraordinaire on aime se fatiguer, on peut toujours travailler au noir.

- la méthode efficace, et sans danger, mais personnellement contraignante : l'expatriation. Quitter le pays et son racket socialo-fiscal. Ce n'est pas gratuit, on reconnaît implicitement que les mafieux sont les plus forts, mais le but est atteint, et on sera loin quand la baraque franchouillarde vermoulue s'effondrera. Notons qu'on peut aussi échapper à la SS sans s'expatrier en devenant travailleur frontalier, rentier, diplomate, pape, etc., mais je considère que ce sont des cas marginaux.

- et pour finir, je vous épargnerai la méthode ultime et définitive : quitter ce bas monde pour un monde réputé meilleur et où il n'y a pas d'esclavage "social".

8.7.08

Lettre au président de la république

Cette fois, après Michel Boilleau le 1er juillet, c'est Faraj Chemsi qui écrit.

Lettre au Président de la République

Je me permets de vous écrire, Monsieur le Président, car je suis excédé par l'attitude du Tribunal des Affaires de sécurité sociale et par celle du directeur de l'URSSAF du Havre. Assuré pour la maladie auprès d'une société européenne pour la maladie, comme la loi française, issue des directives européennes de 1992, m'y autorise, l'URSSAF prétend m'obliger à lui payer des cotisations sociales. Je suis aussi excédé de devoir en permanence me défendre alors que je suis entièrement dans mon droit, j'ai déposé auprès du procureur de la République une plainte pénale contre l'URSSAF pour harcèlement moral. Je n'ai plus la moindre confiance dans le tribunal des affaires de sécurité sociale, le TASS, dont les assesseurs sont désignés par les syndicats qui gèrent la sécurité sociale et sont donc juges et parties. D'ailleurs, à Rouen, la direction des affaires sociales et le TASS ... cohabitent ! Voilà la façon dont est appliquée en France la Convention européenne des droits de l'Homme, qui donne à chacun le droit d'être jugé par un tribunal ... indépendant et impartial ! La France comme ces homologues européens a paraphé des directives européennes ouvrant à la concurrence leur système de sécurité sociale. Elles ont été signées par le Président F. Mitterrand en 1992 et leur transposition par L. Jospin en avril 2001. (Deux socialistes...)

Ce faisant, la France contrevient aux règles qui fondent l'Union européenne, ce qui ne peut que perturber le bon fonctionnement du marché intérieur, et notamment les dispositions relatives à la libre prestation de services.

Ces derniers mois, trois députés ont posé des questions écrites sur l'application des lois françaises permettant à tous les Français d'avoir le choix de ses assurances sociales. Il est important de noter que ces députés ne remettent pas en question la mise en concurrence de la sécurité sociale. Ces questions restent à ce jour sans réponse...

A l'abri de son monopole pourtant abrogé dans la loi, la sécurité sociale est devenue le boulet empêchant tout démarrage économique, taxant les Français les plus ambitieux, taxant surtout le TRAVAIL. Comment voulez-vous que notre pays se retrousse les manches et rattrape son retard flagrant, si les efforts sont synonymes d'augmentations de charges ?

Ne parlons pas d'un code du travail extraordinairement complexe et de la kyrielle d'organismes de contrôle venant annihiler les élans des plus entreprenants.

Pour un véritable redémarrage économique, pour faire face aux multiples crises actuelles et au moment où la France s'apprête à prendre la présidence de l'Union européenne, Monsieur le Président, notre pays se doit d'éliminer de son droit et de son organisation les scories d'un passé révolu, dorénavant incompatible avec les nouvelles donnes de l'économie mondiale et tout simplement incompatible avec l'appartenance de la France à l'Union européenne, ce qui risque de la faire une fois de plus condamner par la Cour de justice européenne et par la Cour européenne des droits de l'homme.

Personnellement je ne puis continuer à travailler avec un tel niveau de charges et avec un tel sentiment d'injustice.

Je me tiens à votre disposition pour d'éventuelles informations complémentaires.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de mon profond respect.

Dr Faraj CHEMSI

1.7.08

Lettre au ministre de l'agriculture et au président de la République

BOILLEAU Michel
01-07-2008

"Le secret du bonheur est la liberté. Le secret de la liberté est le courage."
PERICLES (Vème siècle avant J-C)

Monsieur le ministre,

Je m'adresse à vous pour demander votre aide face à mes difficultés pour obtenir simplement l'application de lois françaises.

Les directives européennes 92/49/CEE et 92/96/CEE concernant les activités d'assurances sont, depuis une ordonnance du 19 avril 2001 ratifiée par une loi du 17 juillet 2001, complètement transposées dans notre droit national.

Selon les engagements pris par la France par traité international, cette procédure aurait dû même être terminée pour le 31 décembre 1993. Nos gouvernements successifs, tous pourtant réputés "européistes", ont longtemps "traîné les pieds", comme le montre leur condamnation à plusieurs reprises par la Cour de Justice des Communautés Européennes à se mettre en conformité avec des règles qu'ils avaient eux-mêmes instaurées.

Voilà donc bientôt 15 ans que, en vertu de la primauté du droit communautaire (toute disposition nationale législative ou règlementaire contraire étant réputée nulle), les sociétés d'assurances, institutions de prévoyance et mutuelles sont autorisées à pratiquer en France les opérations liées aux risques dits "sociaux" à condition de bénéficier d'un agrément préalable dans leur pays d'origine. En clair, il y a 15 ans que l'assurance en matière de protection sociale est ouverte à la libre concurrence dans le droit français.

La conséquence principale et irréfutable de la mise en place de ces directives européennes (validité 01-01-1994) et de leur application formelle à notre droit national (17-07-2001) est l'abrogation de tout monopole en ce domaine. Dans mon cas particulier d'exploitant agricole, c'est donc la possibilité de prendre l'assureur agréé de mon choix pour, par exemple, couvrir mon risque individuel maladie et de quitter la MSA qui continuerait à exister sur son mode de fonctionnement à la "soviétique", mais sans moi.

C'est dans ces conditions que, pour la première fois le 27-10 1997, j'ai demandé à la MSA Ile de France la résiliation de mon affiliation m'appuyant bien évidemment sur les directives citées, mais également sur la nature juridique de cet organisme constitué sous forme de syndicat professionnel dont "tout membre peut se retirer à tout moment nonobstant toute clause contraire" (Code du Travail, article L411-8 du titre 1 du livre IV).

Je vous passe les détails et péripéties consécutifs à ma démarche. Mais, au bout du compte, je n'ai obtenu que des réponses négatives avec l'indication d'une possibilité de résiliation en respectant des conditions précises et une procédure préalable, notamment en informant l'Inspection du Travail de mon département. J'ai scrupuleusement suivi les recommandations demandées. Tout cela, en vain.

Depuis avril 2004, je me suis, ainsi que mon épouse, assuré auprès d'une compagnie d'assurance anglaise dont je suis d'ailleurs très satisfait... tout en étant contraint de rester affilié à la MSA. Si j'ai dû m'adresser à l'étranger, après de longues recherches, c'est qu'aucune société française (Groupama en tête que j'ai quittée pour cette raison) n'a voulu me transmettre de proposition.

Ayant épuisé toutes les voies offertes d'entente amiable, j'ai alors considéré que, à partir de l'année 2005, je ne payerai plus en totalité les règlements demandés par la MSA. Bien entendu, concomitamment, je n'adressais plus à celle-ci mes demandes de remboursements de prestations maladie. Mal m'en a pris puisque, depuis cette date, cet organisme me poursuit avec pénalités et amendes à la clé.

Là encore, au mépris de tout respect du droit élémentaire.

D'une part, parce que, à ma connaissance, la MSA Ile de France n'a pas accompli toutes les formalités nécessaires aux nouvelles dispositions de la loi de 2001, celles notamment qui lui permettraient d'émettre des appels de cotisations.

D'autre part, parce que, en violation d'autres directives européennes tout aussi prégnantes, aucune procédure de mise en concurrence pour attribution par le pouvoir administratif d'un marché de services de la gestion des risques sociaux n'a été mise en place. C'est finalement avec un motif d'illégalité supplémentaire si je puis dire que la MSA (comme, remarquons-le, les URSSAF dans leur domaine) continue d'exercer ses pouvoirs à mon encontre.

J'ajoute que la dernière ordonnance de transposition dans le droit français précise expressément que les résidents fiscaux français qui ne sont pas à la charge d'un régime français d'assurance maladie sont exonérés de CSG et de CRDS, ce qui introduit à l'encontre de la quasi totalité des habitants de ce pays une "discrimination négative" par rapport à certains compatriotes, travailleurs "frontaliers" ou à des ressortissants communautaires établis en France, totalement contraire à l'esprit et même à la lettre (article 6) du traité européen fondateur.

Au passage, je constate qu'est aussi indirectement reconnu le caractère fondamental de cotisations sociales de ces contributions que je ne devrais donc pas payer non plus.

Le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale (qui est en l'occurrence juge et partie, autre sévère "accroc" aux grands principes républicains, démocratiques et citoyens invoqués à tout bout de champ) me condamne systématiquement.

Ainsi, alors que je ne cherche simplement qu'à faire reconnaitre un droit que je tiens de la loi, je n'ai pour réponses que dépenses supplémentaires, pénalités et visites d'huissiers.

Dans un Etat de droit véritable, une telle situation ne devrait pas exister ou, en tous cas, elle aurait dû cesser le plus vite possible dès que connue.

Le souci d'informer loyalement et complètement nos compatriotes de la "révolution" que constituait l'adoption des principes de liberté contenus dans les traités européens n'a jamais figuré parmi les priorités de nos gouvernements. Au contraire, tous ont cherché à cacher leurs conséquences et à faire obstacle à leur développement, comme s'ils en avaient honte.

Mais une chose est plus inadmissible encore si possible, c'est que ces mêmes gouvernements n'aient jamais d'abord rappelé à l'ordre, puis sanctionné les fonctionnaires qui continuent de bafouer les traités internationaux signés, en particulier les magistrats qui n'appliquent pas les lois de leur pays qu'ils sont censés connaitre.

Je n'attends pas de vous une réponse convenue, où se mélangeraient à la fois :

- inexactitudes du style "cela revient à supprimer l'obligation d'assurance" ou bien" les législations nationales de sécurité sociale sont expressément exclues du champ d'application des directives" alors que nos voisins (Allemagne depuis le 01-01-1996, Pays-Bas, Belgique... pays scandinaves... etc.) les ont prises en compte ;
- impuissance invoquée mensongèrement (ce n'est pas nous, c'est... Bruxelles ou Luxembourg) ;
- culpabilisation démagogique et hors sujet : "vous n'avez pas honte: vous allez laisser à l'écart les malades et les chômeurs" alors que la confusion est volontairement entretenue entre des problèmes techniques, économiques et juridiques (l'assurance santé ou retraite en l'occurrence) et des attitudes que l'on peut juger justes et même nécessaires, mais dont l'aspect est purement politique (la solidarité, l'assistance ou la redistribution) ;
- prétextes quelque peu hypocrites du type "on n'est obligé de protéger la minorité incapable de se responsabiliser" ou bien "je suis trop respectueux de la séparation des pouvoirs chère à Montesquieu pour intervenir".

J'espère simplement que vous aurez à cœur que tout Français puisse mettre en pratique la définition donnée en 1748 par l'auteur même que je viens de citer : la liberté, c'est faire ce que les lois permettent (L'Esprit des lois).

Plus encore, je suis sûr que, à l'aube de la présidence française du Conseil Européen et fort de votre image d'Européen influent, vous ne pourrez qu'affirmer votre intention résolue de convaincre l'ensemble de nos compatriotes de leur intérêt collectif d'une application effective des textes existants ; cela devrait vous être d'autant plus aisé que ceux-ci ont été votés unanimement par toutes les majorités qui se sont succédé à la tête du pays depuis plus de 20 ans.

Finalement, je crois que vous n'aurez pas besoin de beaucoup de courage pour rendre à nos compatriotes de la liberté.

Mais pourtant, pour le coup, quelle vraie et jolie "rupture" ce serait !

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mes salutations les plus respectueuses.

PS : j'adresse copie de la présente au Président de la République, garant et gardien de nos institutions.

24.6.08

Blog en veille

Ce blog a démarré il y a exactement 4 ans, le 24 juin 2004.

Le fait est qu'en 4 ans, le combat a un peu progressé, mais moins qu'on pouvait l'espérer.

L'été arrivant, après ces 4 ans et plus de 750 billets, je décide de le mettre en veille pour une durée indéterminée ("veille" ne signifie pas fermeture, mais activité très réduite). Je publierai néanmoins les textes qu'on m'envoie de temps à autre. S'il y a un repreneur intéressé, qu'il se fasse connaître (ou se taise à jamais).

Les commentaires seront fermés pour les vacances, dans une semaine.

Bonne continuation à tous, et n'oubliez pas les bonnes adresses :

22.6.08

Les collectivistes sont des crapules

L’homme qui est prêt à servir de moyen aux fins d’autrui considèrera nécessairement les autres comme des moyens pour ses fins. Plus il est névrosé ou consciencieux dans la pratique de l’altruisme, plus il tendra à imaginer des projets « pour le bien de l’humanité », de la « société », du « public », des « générations futures » ou de n’importe quoi sauf des êtres humains réels eux-mêmes.

D’où la consternante insouciance avec laquelle les hommes proposent, discutent et acceptent des projets « humanitaires » qui devront être imposés par des moyens politiques, c’est-à-dire par la force, à un nombre illimité d’êtres humains. Si, d’après les caricatures collectivistes, les riches avides s’adonnent au luxe et à ses extravagances sous le prétexte que « le prix n’a pas d’importance », alors le « progrès social » apporté par les mentalités collectivistes d’aujourd’hui consiste à s’adonner à la planification politique altruiste, selon le principe que « les êtres humains n’ont pas d’importance ».

Le trait caractéristique de telles mentalités est le plaidoyer en faveur d’un objectif public à grande échelle, sans considération du contexte, des coûts ou des moyens. Hors contexte, un tel objectif peut généralement être présenté comme désirable ; il doit être public parce que les coûts n’ont pas à être produits mais résultent de l’expropriation ; et une épaisse nappe de brouillard doit ensevelir la question des moyens, parce que les moyens sont des vies humaines.

Le système américain d’assistance sociale en matière de santé (Medicare) est un exemple d’un tel projet. « N’est-il pas désirable que les personnes âgées reçoivent des soins médicaux lorsqu’elles sont malades ? » clament ses défenseurs. Considérée hors contexte, la réponse est affirmative. Qui aurait des raisons de dire non ? Et c’est ici que s’interrompt la réflexion d’un esprit collectiviste ; la suite n’est que brouillard. Seul le désir compte pour lui : « C’est bien, n’est-ce pas ? Ce n’est pas pour moi, c’est pour les autres, le public ; pour ceux qui souffrent et sont délaissés ». Le brouillard cache des faits tels que l’asservissement de la médecine et, en conséquence, sa destruction, l’embrigadement et la désintégration de la pratique médicale et le sacrifice de l’intégrité professionnelle, de la liberté, de la carrière, de l’ambition, des réalisations, du bonheur, de la vie de ceux-là même qui doivent faire en sorte d’atteindre cet objectif si « désirable », les médecins.

Après des siècles de civilisation, la plupart des hommes, à l’exception des criminels, ont appris que l’attitude mentale décrite ci-dessus n’est ni pratique ni morale dans la conduite de leur vie privée et qu’elle ne peut servir à l’atteinte de leurs objectifs privés. En fait, le truand privé jouit d’une légère supériorité morale : il n’a pas le pouvoir de dévaster une nation entière, et ses victimes ne sont pas légalement désarmées.
Ayn Rand, l’Ethique collectivisée, The objectivist newsletter, janvier 1963.
Le but moral de la vie d’un homme est l’accomplissement de son propre bonheur. Cela ne signifie pas qu’il soit indifférent à autrui, que la vie humaine n’ait aucune valeur pour lui et qu’il n’a aucune raison d’aider les autres en cas d’urgence. Mais cela signifie qu’il ne subordonne pas sa vie au bien-être d’autrui, qu’il ne se sacrifie pas à leurs besoins, que le soulagement de leurs souffrances n’est pas sa préoccupation première, que toute aide qu’il apporte est une exception et non la règle, un acte de générosité, non un devoir moral, quelque chose de marginal et d’incident, comme le sont les désastres dans le cours de l’existence humaine ; et que les valeurs, pas les désastres, sont le but, la préoccupation première et le pouvoir motivant de sa vie.
Ayn Rand, l’Ethique des urgences, The objectivist newsletter, février 1963.

16.6.08

Articles de Jean-François Prévost

Avant qu'ils disparaissent à jamais dans les tréfonds d'Internet, je consigne ici deux articles intéressants écrits par le professeur Jean-François Prévost.

Publié dans le magazine l'Enjeu de Septembre 2005 :
Le problème posé consiste à savoir si les directives européennes 92/49/CEE et 92/96/CEE ont abrogé le monopole de la sécurité sociale. Il se trouve que les directives 92/49/CEE et 92/96/CEE ont été complètement transposées dans le droit national Or ces textes sont d'une clarté totale et ne peuvent donner lieu à la moindre interprétation ambiguë. Je me contenterai de citer les articles R 321-l et R 321-14 du code des assurances, R 931-2-1 et R 931-2-5 du code de la sécurité sociale et R 211-2 et R 211-3 du code de la mutualité. Rédigés en termes rigoureusement identiques, ces articles autorisent les sociétés d'assurance, les institutions de prévoyance et les mutuelles à pratiquer les opérations d'assurance branche entière à condition de bénéficier d'un agrément administratif à cet effet. Il est donc établi que toute personne résidant en France a le droit de s'assurer pour l'ensemble des risques sociaux auprès d'un des organismes ci-dessus mentionnés, ainsi qu'en libre prestation de services auprès de sociétés d'assurance européennes bénéficiant d'un agrément dans leur pays d'établissement.

En vertu de l'origine européenne de ces dispositions et de la primauté du droit communautaire, toute disposition nationale législative ou réglementaire contraire est réputée nulle.

J'ajoute que le communiqué du 22 octobre 2004 du ministère français de la Santé, est gravement mensonger puisqu'il fait silence sur les dispositions législatives françaises ci-dessus mentionnées et que le gouvernement ne peut ignorer puisque lui-même et ses prédécesseurs ont accompli l'œuvre législative de transposition des directives dans le sens que je viens d'indiquer et qui ne laisse aucune place au doute sur l'abrogation du monopole de la sécurité sociale. Je conclurai en regrettant que les pouvoirs publics n'informent pas loyalement les Français des véritables conséquences des directives européennes 92/49/CEE et 92/96/CEE, complètement transposées dans le droit national et qui abrogent le monopole de la sécurité sociale. Il est grand temps que le gouvernement dise la vérité aux citoyens, afin de leur faire connaître les droits qu'ils tiennent des lois de la République.

Jean-François Prévost
Agrégé des Facultés de Droit
Professeur à l'Université de Paris

____________

Paru le 29 mai 1997 dans le Figaro (c'est-à-dire avant la condamnation de la France pour manquement en 1999), l'article qui suit analyse les caractéristiques du modèle économique européen tel que défini depuis 1957 par le traité instituant la Communauté économique européenne (CEE) et ainsi confirmé et précisé par le traité de Maastricht sur l'Union européenne de 1992.

Europe: Un modèle social et libéral

Jean-François PREVOST

Etonnant débat que celui qui, à l'occasion de cette dispute électorale, renaît sous nos yeux en opposant le libéralisme à l'interventionnisme. Faut-il croire que l'Europe, qui est pourtant au coeur de la campagne, est à ce point méconnue ?

En effet, le traité instituant la Communauté européenne a, très clairement, depuis longtemps et plus clairement encore depuis Maastricht réglé la question.

Colbert répudié

L'Europe n'est pas colbertiste : elle est libérale. Mais loin de prôner un libéralisme sauvage, elle institue un libéralisme social. Comment peut-on l'ignorer alors que les choses sont si simples et déjà si constamment mises en oeuvre par la Commission et la Cour de justice du Luxembourg ?

Résumons : le traité, qui a une valeur juridique supérieure à toute règle de droit national, proclame une règle de base, en définit le but et en désigne le champ d'application.

La règle de base, c'est que les Etats ont l'obligation d'instaurer « une politique économique... conduite conformément au respect du principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre » (article 3A).

La finalité de cette règle en conditionne directement la valeur, donc les limites, car la libre concurrence n'est qu'un moyen pour atteindre « l'amélioration constante des conditions de vie et d'emploi » des peuples européens visée par le préambule. Tous les textes convergent dans ce sens : l'acte unique européen prône la « justice sociale » que les Etats membres sont décidés à promouvoir ; le traité CEE s'assigne aussi comme buts : « Un développement harmonieux et équilibré des activités économiques..., une croissance durable et non inflationniste respectant l'environnement..., un niveau d'emploi et de protection sociale élevé, le relèvement du niveau et de la qualité de la vie, la cohésion de vie économique et sociale » (article 2). Enfin, le traité sur l'Union européenne affirme la détermination des Etats à « promouvoir un progrès économique et social équilibré notamment... par le renforcement de la cohésion économique et sociale ». La « libre concurrence européenne » signifie seulement concourir (c'est-à-dire « courir de manière à aller vers le même point, se rejoindre ») vers ces buts sociaux.

Quant au champ d'application, l'article 3 l'énumère en vingt rubriques générales (de la politique commerciale à celle de l'environnement, de la recherche à l'industrie, en passant, entre autres, par l'agriculture, l'énergie, le tourisme, la santé et le domaine social...) que le conseil unanime peut compléter autant qu'il est nécessaire pour atteindre les buts précités (article 235).

Il y a donc une technique (la libre concurrence) au service de buts sociaux clairement énoncés ; et cela dans les plus vastes domaines d'activité.

Si la technique s'écarte du but d'harmonisation sociale, elle est sanctionnée : qu'on en prenne pour preuve, la condamnation des ententes (cartels) : celles-ci ne restent légales que si elles ont pour but de « promouvoir le progrès technique ou économique tout en réservant aux utilisateurs une partie équitable du profit ».

Nouveau droit de l'homme

Par ailleurs, le plein emploi est l'objectif à la réalisation duquel doivent contribuer la libre circulation des salaires (articles 48 à 51), celle de non-salariés (articles 52 à 59), le Fonds social européen (articles 123 à 125) et la politique de formation professionnelle.

On pourrait multiplier les références quant à la lutte contre les distorsions économiques d'origine sociale, ou encore l'amélioration des conditions de vie et de travail.

En réalité, le principe du système est simple : l'Europe prône, d'accord unanime des Quinze et (en France) de tous ceux qui ont voté en faveur de la ratification du traité de Maastricht), le principe fondamental selon lequel les Etats de la Communauté (auxquels elle ne doit pas se substituer en créant une sorte de « super-Etat » sont dans l'obligation de s'organiser de façon à ce que leurs citoyens et leurs habitants aient accès à un nouveau droit : celui d'optimiser dans la justice et l'harmonie sociale les gains, en marchandises ou services, que sont en mesure de leur procurer leurs ressources.

L'introduction récente ou prochaine de la concurrence dans les secteurs traditionnellement monopolistiques en France (transport aérien, téléphone, électricité...) a ou va faire chuter les prix et donc améliorer de la situation du consommateur, c'est-à-dire de chacun des habitants.

La concurrence sert les intérêts de chacun, mais sert-elle également l'intérêt ? L'épanouissement du « service universel », ce concept européen qui permet d'introduire la concurrence dans les services publics jusque-là monopolistiques en assurant le maintien des services les moins rentables grâce à des fonds de péréquation alimentés par les acteurs qui se sont placés dans les activités économiquement fortes, prouve que c'est le cas.

Contrôle démocratique

Enfin, ce modèle simple peut-il être démocratiquement contrôlé par chacun ? Sans aucun doute.

La Communauté européenne fonctionne par un système de droit qui permet à tout citoyen de l'Union, et même à tout étranger non européen, de saisir par une simple lettre, la Commission plus vigilante et prompte à agir qu'on ne le croit d'une plainte en cartel ou en abus de position dominante ; ce qui permet au plus modeste individu de déclencher les foudres communautaires contre les plus grands groupes mondiaux.

Ces mêmes individus peuvent aussi former devant la Commission une plainte en manquement contre tout Etat communautaire qui, par son action comme par ses lois et règlements, s'opposerait à ces principes fondateurs de libre concurrence. Ce que le citoyen français ne peut pas faire contre une loi inconstitutionnelle (puisqu'il ne peut saisir le Conseil constitutionnel), le citoyen français peut le faire, à tout moment par surcroît, contre une loi non conforme à ce droit communautaire qui a pour but de le protéger. Entre l'Europe et la France, le « déficit démocratique » ne se situe donc peut-être pas là où on le dénonce si hâtivement.

Bien des Français croient que, dans quelques jours, ils se prononceront sur un choix qu'ils ont pourtant fait, et que la France, qui n'a qu'une voix parmi quatorze autres tout aussi respectables que la sienne, ne pourra unilatéralement défaire. Il serait temps de cesser de les tromper. Il suffit pour cela de les rassurer en leur expliquant que le modèle européen répond finalement à leurs voeux les plus profonds, puisqu'il met en place une liberté contrôlée tout entière dirigée vers le mieux-être individuel et commun, c'est-à-dire vers le bien social.

14.6.08

Fin du monopole de la Sécurité sociale : "le politique démagogique noie le droit"

Excellente mise au point du professeur Jean-François Prévost ! C'est sur Reichmantv (émission du 13 juin).



Au cas où vous ne l'entendiez pas bien, le tout dernier mot de la vidéo est "loi". Et c'est vrai que c'est un mot qui a du mal à se faire entendre en France !

13.6.08

Une secte dangereuse : l'Eglise de Sécutologie

Fondée en 1945 par l'auteur de science-fiction Ron Laroque Hallebard, cette secte pourtant discrète fait de temps à autre parler d'elle en raison de ses frasques financières.

Elle a pourtant du succès auprès de la population. On adhère à la secte par besoin de sécurité, pour avoir plus d'assurance dans la vie, pour corriger ses petits défauts ou ses gros bobos. On se sent mieux protégé.

Inutile de revenir sur la nocivité de la secte, démontrée par tous les spécialistes du deprogramming qui voient venir vers eux ceux qui ont pu en réchapper : ça commence par un banal test de personnalité, on est recruté et on finit pieds et poings liés à verser la moitié de son revenu à la Sécutologie, avec l'accord de votre employeur, qui lui aussi est membre (c'est quasiment obligatoire s'il tient à prospérer dans ce pays, sinon de gentils inspecteurs viennent lui rendre visite pour le rappeler fermement à ses devoirs de coreligionnaire-encaisseur).

Les parents adeptes déclarent leurs enfants dès la naissance, et la secte leur affecte à vie un numéro qui lui permettra ensuite de reconnaître les siens et de leur accorder des avantages (accès à ses temples, check-up gratuit à l'électromètre, et un talisman appelé carte Vitale censé protéger contre les aléas sanitaires et climatiques, canicule exceptée).

Il est impossible d'échapper à l'emprise de la secte, qui a des ramifications partout dans le pays. Jamais on n'a vu une secte avoir autant d'influence dans un pays développé, si bien qu'un homme politique a été jusqu'à affirmer qu'elle "était constitutive de l'identité française". Même la mafia et le milieu (qui, eux, ne sont pas encore autorisés à pratiquer le vol légal) s'inquiètent du pouvoir considérable qu'elle a pris en profitant de la complaisance de l'Etat et des syndicats qu'elle a réussi à noyauter.

Un bourrage de crâne intensif est répercuté par les médias : on fait croire aux adeptes qu'eux seuls sont altruistes et solidaires, appartiennent à une race supérieure, et sont un modèle pour le monde entier ("un modèle que tout le monde nous envie", répètent comme un mantra certains fanatiques). Les apostats sont sévèrement pourchassés et mis à mort civilement par la branche armée de la Sécutologie, l'Office des affaires spéciales, composé d'anciens du KGB passés à l'Ouest lors de la chute du mur de Berlin.

Il faut savoir que la secte n'est tenue de présenter aucune comptabilité, aussi ses opérations financières s'exercent dans l'opacité la plus totale. Lourdement endettée, sa survie en tant qu'organisation parallèle semi-officielle ne tient qu'au bon vouloir de ses créanciers, qui pourraient la lâcher du jour au lendemain pour des organisations plus rangées et mieux gérées, non-violentes et moins fanatiques. On verrait alors des centaines de milliers d'adeptes frustrés perdre leur belle assurance et courir dans les rues, désemparés, à la recherche d'une autre voie de salut moins antisociale...

11.6.08

Les funérailles de la Sécurité sociale française

Jouées par ma pianiste préférée (qui ne connaît pas le monstre hideux de la spoliation collectiviste et citoyenne, puisqu'elle ne vit pas en France).